Sous le règne de la performance (aller toujours plus vite, plus haut, plus loin), nous nous trouvons confrontés à nos émotions et parfois démunis pour bien les « gérer », c’est-à-dire mieux les appréhender pour mieux vivre dans le monde moderne. Ayant assisté au séminaire de Deepak Chopra à Bâle les 20-21 mai derniers, je souhaite partager avec vous certaines informations éclairantes que j’y ai redécouvertes ou approfondies.

QUI EST DEEPAK CHOPRA ?

Pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est un médecin endocrinologue, d’origine indienne, qui s’est particulièrement intéressé au fonctionnement du cerveau. Ses ouvrages rendent accessibles des notions de médecine, neurologie, physique quantique, aux personnes qui n’ont pas nécessairement une formation scientifique. Son objectif est de permettre à ses lecteurs d’être en meilleure santé physique et mentale à travers une vie plus saine et une élévation de leur conscience. Ses exposés reposent sur un subtil mélange de science et de philosophie bouddhiste.

Lors du workshop auquel j’ai participé, Deepak Chopra a développé l’idée que les deux formes d’intelligence les plus élevées sont l’intelligence émotionnelle, puis la conscience de soi. Je partage ici avec vous les principales notions qui ont été abordées sur l’intelligence émotionnelle, ressource en chacun de nous pour obtenir plus de clarté en soi et de bienveillance dans nos relations humaines.

L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE

Les émotions sont présentes en nous, bien avant nos pensées. Elles se manifestent par une perception physique dans notre corps. Nous ressentons des émotions avant même d’avoir appris un langage.

Un bébé va lire dans le son de la voix, dans les yeux, dans les gestes de sa mère et son environnement proche, son état émotionnel. Cette expérience acquise dans le plus jeune âge (0-3 ans) va former le système limbique de l’enfant et lui donner les premières sensations d’identité : « Je te vois, je t’écoute, je t’accepte tel que tu es ! » C’est ce qui fera que cet enfant en grandissant aura une capacité à développer de l’amour, de la paix, du bonheur et de la compassion. Des premières expériences de vie plus hostiles feront naître la colère, la haine, la culpabilité, la douleur.

L’intelligence émotionnelle est donc la capacité d’être en contact avec nos émotions et celles des autres, celle que nous utilisons lorsque nous savons comment communiquer avec les autres de façon non violente et nous libérer de nos émotions toxiques.

ÉMOTIONS TOXIQUES

Le stress est l’un des premiers facteurs de maladie du monde moderne.

Dans son ADN, l’Homme est programmé à une réaction face au stress qui est la fuite ou l’agression ; c’est tout à fait compréhensible pour l’homme préhistorique qui devait fuir des dangers de mort ou se battre pour arriver à se nourrir.

Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. Si vous êtes pris dans un bouchon dans la circulation, abandonner votre voiture et continuer à pied ou casser les voitures devant vous ne serait pas une réponse très adéquate à l’environnement. Pourtant, nous gardons cette tension en nous, qui ensuite peut ressortir sous la forme de maladies, de comportement autodestructeur ou de violence physique ou psychologique vis-à-vis de notre environnement.

Nous répondons au stress avec les moyens à notre portée. Certains iront parfois trouver l’apaisement dans des comportements impulsifs et addictifs : nicotine, drogues, boulimie, alcool…

SE LIBÉRER DES ÉMOTIONS TOXIQUES EN 6 ÉTAPES :

1 | LA RESPONSABILITÉ ou « être habilité à répondre »

Lorsque nous avons des émotions toxiques, nous avons tendance à accuser les autres ou les évènements :

« C’est de ta faute si je me mets en colère ! Tu n’avais qu’à pas …. »
« Je crie parce que tu m’énerves ! »…
Chacun connaît des multitudes d’exemples de ce genre.

Or, en donnant la responsabilité de mes émotions aux autres, je me prive de ma possibilité d’agir dessus : ce sont alors les autres ou les évènements qui doivent changer pour que mon émotion change.

Prendre la responsabilité de mes émotions, c’est accepter que ma peur, ma tristesse, ma colère m’appartiennent. C’est ce qui me me donnera la possibilité d’agir dessus.

2 | OBSERVER L’ÉMOTION

En fait, nous avons appris à refouler nos émotions, car nous les considérons comme non acceptables socialement. Se mettre en colère en pleine réunion, montrer sa peur, exprimer des angoisses ne font pas partie des comportements que nous valorisons dans notre société. À force de les refouler, nous nous sommes coupés d’elles.

Afin de renouer avec nos émotions, il est important de réapprendre à les ressentir, à identifier la sensation physique dans le corps.

3 | NOMMER L’ÉMOTION

Une fois l’émotion identifiée, il est important de la nommer. Plus nous serons précis dans notre façon de la nommer, plus nous en aurons une perception et une conception fines. Il s’agit de la nommer sans chercher de coupable ni en soi, ni ailleurs.

4 | ACCEPTER SON ÉMOTION SANS JUGEMENT

Nous ne pouvons travailler sur une émotion qui existe en nous que si nous l’acceptons sans jugement, qui serait porteur de culpabilité, de honte et de frustration. Nous ne pouvons travailler sur nos zones d’ombre que si nous admettons leur existence et que si nous acceptons de mettre la lumière dessus. Accepter son émotion permet de prendre du recul avec elle et de la canaliser.

Nous appartenons à un collectif qui a créé ses propres zones d’ombre. Celles-ci font partie de nous par notre appartenance à une société. Les admettre et les reconnaître individuellement nous permettra de les faire évoluer socialement.

5 | PARTAGER AVEC QUELQU’UN

Une fois que nous avons observé, reconnu, accepté notre émotion, il est important de la partager avec quelqu’un, de l’exprimer. Quelqu’un à qui nous pouvons faire confiance, qui nous écoutera avec bienveillance et qui sera capable de nous dire : « Quel est ton besoin ? Comment puis-je te soutenir ? » Cela nous permettra de lâcher prise face à l’émotion. Le coach, tiers neutre et bienveillant, peut tenir ce rôle et accompagner la démarche.

6 | L’ACTE SYMBOLIQUE

Il s’agit de faire un rituel de libération face à l’émotion toxique, un acte symbolique qui nous permettra de nous en souvenir. Cela peut être, par exemple : écrire quelques mots et les détruire.

Nous ne partons pas tous égaux vis-à-vis des émotions, mais la bonne nouvelle est que la progression est à la portée de chacun, grâce à la Conscience de soi, la forme d’intelligence la plus évoluée que je partagerai avec vous dans un prochain article.